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Retrouvez notre actualité presse. Explorez nos articles captivants et plongez dans l’essence même de ce qui fait vibrer notre passion commune pour le vin.
ArtinfoFrance : Vous défendez une sélection très personnelle, centrée sur l’authenticité et le savoir-faire. Quels critères vous guident lorsque vous choisissez un vigneron ou une cuvée ?
Alexandre Mahut : Plusieurs facteurs déterminent notre processus de sélection, au premier rang desquels figure, bien entendu, la qualité des vins.
Si le goût demeure par nature subjectif, il nous est difficile de valoriser des cuvées qui ne suscitent chez nous aucune émotion.
Nous privilégions ainsi des vins porteurs d’identité, qui expriment leur terroir et traduisent la vision de leurs vignerons, malgré les différences parfois marquées — et normales — d’un domaine à l’autre. Il n’y a rien de stéréotypé.
Nous accordons peu d’importance à la majorité des certifications en tant que telles. Néanmoins, il est essentiel pour nous de collaborer avec des vignerons respectueux de leurs terroirs et attentifs à leurs pratiques culturales et de vinification.
Sans approche dogmatique, ils sont peu interventionnistes et partagent une réflexion approfondie sur leur métier, son avenir et les enjeux agricoles, qu’ils s’inscrivent ou non dans des démarches d’agriculture biologique ou biodynamique.
Notre sélection repose sur deux axes complémentaires.
D’une part, nous proposons des vins issus de domaines mythiques, dont nous avons le privilège d’être allocataires, recherchés par les amateurs. Notre mérite ne réside pas dans leur vente, mais dans le travail considérable nécessaire pour y accéder. L’accès à ces cuvées demeure particulièrement complexe : les quantités disponibles sont faibles et la demande très forte. Notre rôle consiste alors à les proposer de manière juste, à des prix cohérents, à nos amis et clients.
D’autre part, nous sélectionnons et découvrons des vins issus de domaines plus confidentiels, mais d’une grande qualité. Il est particulièrement gratifiant de faire déguster à nos clients des cuvées encore méconnues, capables de susciter surprise et enthousiasme.
C’est, selon moi, l’essence même de notre métier : proposer un équilibre entre grands noms, vins rares et véritables coups de cœur issus de domaines à découvrir.
AIF : Le vin raconte un terroir, l’art raconte une vision. Comment construisez-vous des ponts entre ces deux formes d’expression dans votre travail quotidien ?
AM : Les grands vins expriment un terroir sans s’y limiter. Ils sont aussi le reflet du savoir-faire et de la sensibilité des femmes et des hommes qui les élaborent. Chaque cuvée porte une signature, traduisant des choix et une vision.
La grande majorité des vigneronnes et vignerons avec lesquels nous collaborons peuvent être considérés comme de véritables artistes, composant avec la nature, les caractéristiques du terroir et de nombreux autres paramètres. Leur travail exige une attention constante et un engagement profond.
Ancrés dans un héritage parfois transmis de génération en génération, ils savent aussi se projeter vers l’avenir, se remettre en question, intégrer des pratiques en évolution — ou parfois revenir à des méthodes séculaires.
Ce sont eux qui, par leur vision et leur lien au terroir, font du vin un art.
Le terroir est-il l’artiste, ou celui qui le révèle ? Probablement un peu des deux.
AIF : Le public est de plus en plus sensible aux vins d’auteur et aux expériences culturelles. Comment percevez-vous cette évolution, et comment y répondez-vous ?
AM : Même si je le souhaite profondément, mon expérience — nécessairement limitée — ne me permet pas d’affirmer que le public est aujourd’hui davantage sensible aux vins d’auteur.
J’ai toutefois le privilège de travailler avec de très beaux vins, certains mythiques, d’autres plus confidentiels, issus de domaines d’artisans vignerons.
Qu’ils soient néophytes ou avertis, nos clients manifestent un réel désir de découverte et nous témoignent une confiance précieuse.
Il convient néanmoins de rappeler que de nombreux vignerons artisans font face à des défis importants pour assurer la pérennité de leurs exploitations.
Par ailleurs, indépendamment des considérations de prix, beaucoup de consommateurs continuent de se tourner vers des vins standardisés, souvent dépourvus d’âme.
Quels projets ou formats vous enthousiasment aujourd’hui ?
Je demeure très classique dans mon approche du vin. Malgré les évolutions de cet univers, il s’agit avant tout de jus de raisin fermenté. Je reste profondément attaché aux méthodes traditionnelles et privilégie une présence sur le terrain, au cœur des vignobles et des caves, aux côtés des vignerons.
Je préfère collectionner les souvenirs de dégustation plutôt que les bouteilles elles-mêmes.
C’est dans cet esprit que j’affectionne le concept d’« Épargne-Vin », créé par un ami et que je propose depuis plus de vingt ans. Chaque client décrit sa cave idéale ainsi que ses envies ; en fonction de ces critères et de son budget mensuel, nous sélectionnons des bouteilles conservées dans un casier nominatif. Chaque mois, il reçoit la liste des vins choisis pour lui.
Certains clients optent pour une approche différente, en nous confiant un budget plus conséquent afin que nous constituions leur cave sur mesure en une seule acquisition.
Par ailleurs, avec un ami, nous avons fondé « One Barik Project » afin d’explorer d’autres dimensions de notre passion. Nous élaborons, en partenariat avec des vignerons que nous admirons, des micro-cuvées uniques d’environ 300 bouteilles.
Participer à chaque étape — de la taille de la vigne aux vinifications, jusqu’au choix des dates de vendanges et des méthodes d’élevage — constitue un privilège rare et une source d’apprentissage exceptionnelle.
Nous avons également créé un club d’allocataires, chacun bénéficiant de trois bouteilles par cuvée, certaines étant destinées à notre cave « Art et Vin » ainsi qu’à quelques restaurants étoilés.
Ces projets nourrissent des échanges constants, favorisent la découverte et entretiennent une remise en question permanente — une dynamique qui rend notre métier profondément passionnant.
Alexandre Mahut, caviste à Levallois Perret et Agent au Québec
Où quand un artisan-caviste se met au service des artisans-vignerons (Texte Anne Inquimbert / Photos Ludovic Le Guyader)
Est-ce parce qu’il a le physique du joueur de hockey canadien qu’Alexandre Mahut s’est pris d’amour pour ce pays ? Et quand on parle d’amour c’est bien au sens propre comme au sens figuré, puisque son cœur tout entier a été séduit par le Québec, la partie francophone du Canada et ses habitants. Fraichement marié à une canadienne, Alexandre Mahut, caviste à Levallois Perret, navigue donc entre les deux continents. En France il est caviste et tient depuis maintenant 6 ans à la cave « Art et Vin » à deux pas de la Mairie de Levallois Perret (il a également une cave à Nîmes) et au Canada il coiffe la casquette d’agent pour les vignerons français de talents. Pour lui son métier c’est avant tout « amener la bonne bouteille à la bonne personne pour le bon moment » Mais comment ce jeune homme de 30 ans, à qui tout semble réussir, est-il tombé dans le vin ? Comment a-t-il découvert sa deuxième patrie le Canada et plus particulièrement le Québec et surtout comment arrive t’il à travailler dans ce pays où le commerce du vin est monopole d’Etat ? Enfin nous découvrirons son point de vue sur un sujet d’actualité qui fait toujours débat, le vin considéré comme une drogue. Et bien sûr, nous lui demanderons ses derniers coups de cœur gourmands. Nous avons rencontré Alexandre et avons échangé avec lui par un après-midi d’hiver, quelques temps avant son mariage au Canada, autour d’une bonne bouteille de blanc d’Alsace d’Agathe Bursin.
BONJOUR ALEXANDRE, POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER COMMENT EST NÉE VOTRE HISTOIRE D’AMOUR AVEC LE VIN ? Le vin, je l’ai découvert à ma majorité grâce à mes parents qui étaient des fervents défenseurs du bon gout et des bons vins. Comme nous avons vécu dans différentes régions de France j’ai eu la chance de pouvoir en goûter pas mal, en Champagne, Languedoc, Bourgogne, des régions riches en vins. J’ai commencé par apprécier les vins de Bordeaux, puis j’ai découvert les vins de Bourgogne. En fait, plus on déguste plus on voit où vont nos goûts et moi aujourd’hui ils vont plutôt vers la Bourgogne. La Bourgogne, surement le plus qualitatif des terroirs de France. Je suis allé dans toutes les régions de France à la rencontre des vignerons et j’ai eu la chance d’apprendre les vins avec de grands professionnels, de grands sommeliers. C’est cet amour pour le vin et ceux qui le font, que j’ai très vite eu envie de partager, d’où le choix de mon métier. COMMENT DÉFINISSEZ-VOUS VOTRE MÉTIER? Je suis plus un collectionneur de souvenirs qu’un collectionneur d’étiquettes et j’aime donc conseiller mes vins à ceux qui boivent pour le plaisir, plutôt qu’à ceux qui n’achètent du vin que pour le garder dans leur cave, comme des trophées. Il ne faut pas perdre de vue que le vin c’est juste du raisin fermenté. J’aime vendre et conseiller mes vins aux gens quand je suis certain qu’ils auront du plaisir à les boire. Je suis caviste, pas marchand de vin, je conseille, j’aiguille mes clients et pour les franciliens qui manquent souvent de place je propose de stocker leurs vins. Je créé aussi des caves pour les particuliers. Les gens viennent chez nous pour les conseils. En fait, quand on me pose cette question je réponds souvent que pour moi mon métier de caviste c’est, amener les bonnes bouteilles à la bonne personne pour le bon moment ! COMMENT SÉLECTIONNEZ-VOUS LES VINS QUE VOUS PROPOSEZ À LA VENTE ? Je propose 600 références de vins de 300 vignerons. Je les connais tous, je suis allé les voir sur place et je les suis vraiment. Ce que j’aime avant tout, c’est quand le vin me fait penser au terroir sur lequel il a grandit. Si je bois un Sancerre, le côté minéral a un sens, alors qu’un vin mondialisé ne correspond à aucun terroir. Quand vous respectez le terroir, je pense que vous respectez aussi la terre qui vous offre ce vin. Pour trouver les bons vignerons le mieux c’est d’aller sur place. J’adore aller les voir juste après les vendanges. J’aime aussi ce métier pour être dans les vignes et dans les chais, pour ces rencontres avec ces vignerons passionnés. Parfois ce sont les vignerons qui viennent à nous. J’ai dans ce cas des critères basiques, comme leur philosophie, le goût de leur vin bien sûr et aussi qu’ils ne vendent pas leurs vins à la grande distribution. Pourquoi ? Tout simplement parce que côté prix un caviste ne peut pas rivaliser avec une grande surface et surtout je ne vois pas l’intérêt pour un client de venir chez nous si c’est pour retrouver les mêmes vins que dans son supermarché.
VOUS AVEZ DÉMARRÉ UNE NOUVELLE ACTIVITÉ AU CANADA, POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE UN PEU PLUS ?
Depuis un peu plus d’un an j’ai effectivement créé au Québec une agence d’importation privée de vin.
A la base, j’ai eu un véritable coup de cœur pour le Québec. J’avais 16 ans quand je l’ai découvert et c’est un endroit qui m’avait beaucoup marqué. J’y suis retourné et j’y ai rencontré le grand amour, ma future femme qui est sommelière.
Je connais bien ce pays et ses règles, les Canadiens ont une véritable culture du vin, ils en sont amateurs et apprécient tout particulièrement le vin français. Le problème pour les vignerons français c’est la complexité des démarches à entreprendre pour réussir à s’introduire sur ce marché qui est un monopole d’état. Au Québec, il n’y a pas de cavistes comme en France. Pour acheter des vins, particuliers ou professionnels, doivent se rendre dans un des 400 magasins SAQ (société des alcools du Québec). Donc pour être présent sur ce marché vous devez obligatoirement passer par eux, ils gèrent tout et c’est assez compliqué, surtout pour le paiement. Mais je reste persuadé que c’est un vrai marché porteur et demandeur pour les vignerons français, mon rôle est donc de les représenter.
VOUS PARLEZ DE CULTURE DU VIN, MAIS LE CANADA EST-IL UN PAYS PRODUCTEUR?
Oui ils produisent des vins, ils ont des cépages Bordelais dans la région de Vancouver ou des cépages bourguignons en Ontario, au Québec ils ont des cépages hybrides de Vitis Vinifera, nés de croisements pour résister aux conditions extrêmes. Ils produisent des vins de glaces. Ce sont des vins produits avec des raisins récoltés la nuit à -15 degrés. Ils les ramassent congelés et quand ils les pressent il y a moins d’eau. Les rendements sont donc faibles à raison de 10 hectolitre à l’hectare.
EN FRANCE LE VIN EST RÉGULIÈREMENT ATTAQUÉ ET CERTAINS VOUDRAIENT MÊME QU’ILS SOIENT REQUALIFIÉ EN DROGUE, QU’EN PENSEZ-VOUS ?
On fait un amalgame entre drogue et vin mais c’est une erreur. Plutôt que de le condamner il faut surtout éduquer les jeunes. Il faut faire la part des choses entre le vin et les alcools forts. La demande existe, j’ai beaucoup de jeunes de moins de 30 ans qui viennent me voir pour mieux comprendre les vins et je leur donne des cours. Le vin peut être un milieu impressionnant, il faut juste le dédramatiser et décomplexer les jeunes face au vin.
Quand j’entends ça, je me dis qu’il n’y a qu’en France qu’on soit aussi peu fiers de notre terroir qui pourtant fait l’admiration des autres pays.
POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOS DERNIERS COUPS DE CŒURS GOURMANDS ?
Je suis un épicurien et bien sûr j’adore bien manger. Quand je choisis un restaurant je le choisis aussi en fonction de sa carte des vins. Quand je mange un bon plat il faut que je boive un bon vin !
A Paris j’aime me rendre au restaurant Les Crocs de l’ogre avenue Bosquet dans le 7ème, le Petit Sommelier vers Montparnasse et chez Septime rue de Charonne.
Quand je veux manger un bon morceau de viande je vais chez le célèbre boucher d’Asnières, Yves-Marie le Bourdonnec et pour un beau plateau de fromages j’aime ceux affinés par Laurent Dubois, rue de Lourmel dans le 15ème. Enfin, mon pêché mignon pour clôturer en beauté un repas, un bon cigare de chez Art Tabac, 2 place de Catalogne (Paris 14), qui propose un des plus beaux choix de cigares de Paris.
Au Québec je vous recommande le restaurant Le Patriarche, c’est dans ces lieux qu’officie ma future épouse en tant que sommelière.
https://www.ideemiam.com/?controller=article&url=portraits/alexandre-mahut-caviste-a-levallois-perret-et-agent-au-quebec.html
Alexandre Mahut, cave Art & Vin
Entre ses deux caves, Alexandre Mahut fait le grand écart : la « maison-mère » se situe à Nimes, la petite nouvelle à Levallois-Perret. Le vin est une passion familiale, un virus inoculé par ses parents qui lui ont fait découvrir le vin en habitant Reims, Lyon et Nîmes. A 27 ans, il a déjà une cave qui ferait rêver plus d’un caviste expérimenté. Un savant mélange de grands domaines comme le château Rayas par exemple et de vins de vignerons très talentueux mais non moins médiatiques. Ses préférences ? Le Rhône, le Languedoc, le Roussillon et peut-être encore plus la Bourgogne : « C’est là que je prends le plus de plaisir en blanc comme en rouge. »
Alexandre Mahut « En dégustant la cuvée Captain’s Reserve Zinfandel… »
Venez nous voir
Nous nous ferons un plaisir de vous accueillir. Horaires d’ouvertures :
| lundi | Fermé |
| mardi | 10:00–13:00, 15:30–19:30 |
| mercredi | 10:00–13:00, 15:30–19:30 |
| jeudi | 10:00–13:00, 15:30–19:30 |
| vendredi | 10:00–13:00, 15:30–19:30 |
| samedi | 10:00–13:00, 15:30–19:30 |
| dimanche | Fermé |
Téléphone
Addresse
89 rue Voltaire 92300 Levallois-Perret
alex.mahut@hotmail.fr



